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Structure ! Structure ! Structure !
Vous avez une idée géniale pour en faire un film, avec des personnages qui prennent vie dans votre esprit et un concept qui va les impressionner, à Hollywood. Et peut-être même pouvez-vous la vendre tout seul, sur votre lancée. Mais, que faire ensuite ? Et bien, écrire le script, bien sûr. Mais comment traduisez-vous votre idée géniale en 120 pages captivantes conformes au standard de l'industrie cinématographique qui inciteront quelqu'un à vouloir dépenser un minimum d'au moins six millions? Autrement dit, qu'est-ce qui fait fonctionner un scénario ?
Un malentendu fréquent, spécialement parmi les romanciers et les dramaturges cherchant à changer de genre, et ceux désirant faire un film "intelligent" (ou Français), consiste à supposer qu'un bon scénario dépend du dialogue. Faux. Bien que quelques dialogues fameux illustrent certains films (pensez à "Swingers", "Diner", même dans une certaine mesure, à "Pulp Fiction"), le dialogue en lui-même n'est pas la condition nécessaire et suffisante d'un film à succès. Voyez, juste à ce propos, la récente sortie du film "Cast Away", avec Tom Hanks, qui comporte au total soixante quinze minutes dramatiques sans que pratiquement un mot ne soit prononcé. Regardez aussi, disons, le premier "Rocky", un film excellent, pas particulièrement réputé pour son verbiage. Alors que le dialogue est l'un des meilleurs moyens de refléter un personnage, et "Quest for fire" et "Koianistasi" sont mieux d'être vus sous l'influence de psychotrophes, les lecteurs de scripts, pour ne pas nommer les fonceurs de films, se désintéressent rapidement des dialogues qui n'en finissent plus, ce que l'industrie cinématographique qualifie de "présentateurs", exemple: des pages interminables de dialogues ininterrompus, peu importe leur teneur comique.
"Mais le jeu des acteurs et la caméra s'en chargeront", pleure le scribe porté sur la qualité. Peut-être, peut-être pas. Dans tous les cas, vous ne vendez pas le jeu des comédiens. Et définitivement, vous ne vendez pas le travail de la caméra (si vous mentionnez quelques indications de caméra et angles de prise de vue, etc... dans votre script, donnez-vous tout de suite des coups de pied, parce que rien ne met plus en rogne un directeur que de s'entendre dire ce qu'il doit faire-- après tout, si vous voulez mettre en scène votre script, prenez vous-même la caméra). Non, ce que vous vendez c'est votre script, et c'est sur celui-ci que vous serez jugé.
Donc, remplacer l'aspect spirituel des personnages par de l'action, alors, c'est cela la réponse? C'est que qu'a fait Tarantino dans "Pulp Fiction" n'est-ce pas? Et bien, oui, c'est ce qu'il a fait, mais il a aussi eu recours au même procédé dans "From Dusk Till Dawn", et je paierai cent dollars à quiconque capable de visionner ce film jusqu'à la fin sans que, lui ou elle, ait le sentiment d'avoir commis une faute terrible dans une vie antérieure pour être soumis à ce genre de torture.
L'action est une bonne chose. L'action, est un facteur important, mais vous n'avez pas besoin de passer beaucoup de temps à Blockbusters pour réaliser que l'action ne fait pas de bons films, même si elle rapporte un joli paquet. Et tous les films d'action ne sont pas des succès--parce que contrairement à l'opinion de trop d'executifs de studios, et autant de scénaristes, le public n'est pas stupide. Même dans une superproduction Hollywoodienne, riche en action, avec un gros budget, le public, s'il est satisfait et en redemande (les spectateurs accrochés étant le rêve jouissif de tout exécutif de studio), il veut ressentir qu'il a vu une histoire-- une histoire pleine et complète, avec un commencement, un milieu et une fin-- et non pas juste une suite de séquences d'actions peuplées de personnages stupides, superflus, interchangeables. C'est ma seule explication au grand succès de "Titanic". Malgré son histoire à l'eau de rose, un dialogue simpliste, et une interprétation au delà du-top-niveau, il a fait appel à notre désir de se faire raconter une histoire, une histoire qui a introduit une foule de spectatrices à un film truffé d'effets spéciaux, qu'autrement elles n'auraient pas vu.
Donc, qu'est-ce qui fait fonctionner une histoire, même aussi médiocre que "Titanic"? Qu'est-ce qui cimente le dialogue, l'action et le développement de l'histoire en un tout? Qu'est-ce qui permet aux archétypes si apparents de la version initiale de "Star Wars" (en dépit de son écriture épouvantable) d'avoir le pouvoir et la force qu'ils ont?
La Structure. Parce que sans structure, c'est avoir une histoire embrouillée à raconter à quelqu'un, comme un rêve que vous avez fait la nuit précédente. Parce que la structure est la raison essentielle qui rend, pour nous, les histoires si importantes. Parce que sans structure, une histoire se termine d'une manière tout aussi désordonnée que chacune des journées que nous vivons, ce qui n'est pas notre but lorsque nous allons voir un film. Que ce soit pour l'évasion ou la clarté, le frisson ou la perspicacité, pour tomber amoureux ou pour être porté à réfléchir-- nous y allons pour que nous soit montré ce que nous ne pouvons voir nous-mêmes.
Tout ceci est bon et bien, mais en quoi consiste exactement la structure et comment l'organisez-vous? Au plus simple, la structure peut être abordée pour combler les trois niveaux dont les exécutifs de l'industrie cinématographiques sont si friands, mais c'est trompeur. La structure, disons, le language, est organique. Vous devez en avoir l'intuition, comme les comiques ont l'instinct du timing. Cela implique de savoir quelles scènes fonctionnnent en relation les unes avec les autres, et combien de temps une scène peut se dérouler avant de la raccorder à une autre scène en opposition. C'est décider quand, à quel instant exact, il faut couper une scène et à quelle séquence la raccorder, tout en sachant quelles scènes fonctionnent en opposition entre elles, et lesquelles sont reliées ensemble, comme le rythme dans une pièce musicale. C'est la façon dont les scènes ont besoin d'être présentées pour obtenir un ensemble cohésif. En fin de compte, quoiqu'il en soit, il n'existe pas de règles strictes sur la manière de procéder-- ceci en dépit du fait que des professeurs de scénarios vous diront des choses telles que de toujours débuter une scène aussi proche de la fin que possible.
De plus, il y a la logique. Et cette logique, comme la logique du langage, est interieure. Si vous inventez votre propre langage et votre grammaire, cela a un sens pour vous, mais cela a-t-il un sens pour quelqu'un d'autre? C'est la même chose avec la structure. Par ailleurs, la grammaire est tout simplement l'articulation du langage, et existe pour codifier la manière dont nous nous exprimons, pas pour le rendre ampoulé (ce qui explique la raison pour laquelle terminer une phrase par une préposition, et intercaler des expressions adverbiales, ont été jugé kosher par le OED). Par analogie, la structure doit s'élaborer en parrallèle avec l'histoire, en maintenant la tension à son maximum tout en gardant la conclusion à distance, jusqu'à ce que, inévitablement, mais toujours de manière surprenante, le tout s'enchaîne, avec chacun des éléments se mettant naturellement en place, comme un puzzle en attente d'être complété.
Ce qui provoque la supplique finale: comment faites-vous? Mais cela, vous devez le découvrir par vous-même.
Texte de Brian Fleming (c) 2001 Brian-F@WriteMovies.com
Brian est diplômé du prestigieux Atelier d'Écriture de l'Iowa, et est l'auteur de: "CURVES & BENDS & CARS THAT WON'T COME FAST" publié par Phoenix Press.
Traduit par Gabrielle Drivet.
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